
Dans le Nord et le Pas-de-Calais, une part importante du parc immobilier est concernée par les nouvelles exigences de performance énergétique. Avec l'interdiction de louer les passoires thermiques classées F ou G dès 2028, de nombreux propriétaires de la région cherchent des solutions efficaces. La pompe à chaleur apparaît comme une option privilégiée, mais il est essentiel de comprendre son impact réel sur l'étiquette DPE du logement.
Depuis le 1er janvier 2026, une évolution majeure de la méthode de calcul favorise les solutions électriques : le coefficient de conversion de l'électricité est passé de 2,3 à 1,9. Si cette réforme valorise théoriquement les PAC, le gain effectif de classes énergétiques dépend de critères techniques précis souvent méconnus du grand public. On entend parfois parler de bonds spectaculaires dans le classement, mais la réalité varie selon chaque configuration de maison.
Ce guide détaille le fonctionnement du calcul DPE appliqué aux pompes à chaleur, les bénéfices concrets selon votre installation actuelle et les combinaisons de travaux recommandées pour changer de catégorie énergétique.
Le DPE et la pompe à chaleur : comment le calcul fonctionne vraiment
Le DPE s'appuie sur la méthode 3CL-DPE, un calcul standardisé qui ne prend pas en compte votre consommation réelle mais des données conventionnelles. Pour une pompe à chaleur, le moteur de calcul utilise un rendement saisonnier (SCOP) théorique lié à la localisation géographique, plutôt que les performances constatées en situation réelle. La note finale est déterminée par le moins bon résultat entre deux indicateurs : la consommation d'énergie primaire et les rejets de CO₂.

Deux étiquettes, une seule classe retenue
Le diagnostic analyse deux volets indissociables :
- la consommation annuelle d'énergie primaire, notée en kWh/m²,
- le niveau d'émissions de gaz à effet de serre, noté en kg CO₂/m².
C'est la performance la plus faible des deux qui définit la classe finale. Une pompe à chaleur présente l'avantage majeur d'agir sur les deux leviers : elle consomme peu d'énergie pour produire de la chaleur et rejette très peu de CO₂, ce qui en fait un outil de rénovation particulièrement performant pour le DPE.
Le SCOP conventionnel et la zone climatique
Le diagnostiqueur n'utilise pas le SCOP maximal promis par le constructeur. Il applique des valeurs fixées par l'État, qui changent selon la zone climatique. La France est découpée en trois zones (H1, H2, H3). Le Nord et le Pas-de-Calais se trouvent en zone H1, caractérisée par des hivers plus rigoureux. Les calculs de performance y sont donc plus exigeants que dans le sud ou l'ouest, afin de refléter les besoins de chauffage réels liés au climat septentrional.
Ce que change la réforme du 1er janvier 2026
Depuis le début de l'année 2026, l'abaissement du coefficient de conversion de l'électricité (passant de 2,3 à 1,9 selon l'arrêté du 13 août 2025) change la donne. Désormais, chaque unité d'électricité consommée par une PAC est moins pénalisée dans le calcul de l'énergie primaire.
À équipement égal, le DPE montre une réduction mécanique de la consommation primaire d'environ 17 %, sans aucune modification de la maison. Les DPE établis avant 2026 restent valables et peuvent être mis à jour gratuitement, sans nouvelle visite du diagnostiqueur, sur le site de l'Observatoire DPE-Audit de l'ADEME. Cette bascule peut faire gagner au maximum une classe.
PAC air/eau vs PAC air/air : un impact DPE très différent
L'amélioration du DPE est plus marquée avec une pompe à chaleur air/eau qu'avec un modèle air/air. La raison est simple : le modèle air/eau peut traiter simultanément le chauffage et la production d'eau chaude sanitaire. Or, ces deux postes pèsent pour environ 80 % de la note globale. Une PAC air/air (climatisation réversible) n'agit que sur le chauffage et laisse la production d'eau chaude à la charge d'un autre système, souvent moins bien noté.
PAC air/eau : l'impact le plus fort
Ce système s'intègre au réseau de chauffage central existant. Couplée à un ballon thermodynamique ou incluant un module hydraulique, elle gère la totalité des besoins énergétiques majeurs évalués par le DPE.
Gain attendu : environ 1,5 à 2 classes lors du remplacement d'une ancienne chaudière au gaz ou au fioul.
PAC air/air : un impact plus ciblé
La PAC air/air ne gère pas l'eau chaude. Si votre eau chaude est produite par un vieux cumulus électrique, ce poste continuera de peser négativement sur votre diagnostic, limitant ainsi le gain total apporté par le changement de chauffage.
Gain attendu : entre 0,5 et 1,5 classe. Si elle vient remplacer des radiateurs électriques grille-pain, le progrès reste notable car le rendement d'une PAC est bien supérieur à celui d'une résistance classique.
Tableau comparatif
Pour optimiser l'étiquette énergétique, la PAC air/eau avec eau chaude intégrée reste le choix le plus stratégique. Pour produire une partie de l'électricité consommée par votre PAC, découvrez notre guide sur les panneaux solaires en autoconsommation.
Les facteurs qui limitent le gain DPE d'une pompe à chaleur
Le gain de deux classes n'est pas automatique. Plusieurs éléments techniques peuvent freiner l'amélioration du DPE : la qualité de l'isolation, le type d'émetteurs de chaleur (radiateurs) et le réglage de l'appoint électrique. Si le bâti est trop déperditif, la PAC ne pourra pas compenser toutes les pertes et le diagnostic restera médiocre.

1. L'isolation thermique du bâti
C'est le socle de toute rénovation. Le calcul 3CL prend d'abord en compte l'état des murs, du toit et des fenêtres. Une maison aux combles non isolés gardera un besoin en énergie élevé. L'ADEME préconise souvent de renforcer l'isolation avant de changer le système de chauffage pour maximiser l'efficacité de la nouvelle installation.
2. Les émetteurs de chaleur
Les PAC air/eau atteignent leur meilleur rendement avec des émetteurs basse température. Si vous conservez des radiateurs en fonte nécessitant une eau à très haute température (75°C), le rendement conventionnel chute. Ce paramètre est intégré dans le calcul du DPE et peut limiter le saut de classe espéré.
3. L'appoint électrique résistif
Certaines installations utilisent une résistance électrique lors des jours de grand froid. Si la pompe est sous-dimensionnée ou si la maison est trop froide, cet appoint se déclenche trop souvent. Cela augmente la consommation électrique totale et dégrade l'étiquette finale. Un dimensionnement de la pompe à chaleur précis est donc crucial.
4. La zone climatique
Le Nord-Pas-de-Calais est classé en zone H1. Les hivers y étant plus marqués, les coefficients de performance pris en compte par les diagnostiqueurs sont plus prudents que dans les zones littorales du sud. C'est une réalité géographique dont il faut tenir compte lors du projet.
Une approche globale associant isolation et chauffage permet souvent de gagner 3 classes, contre seulement 1 ou 2 pour un simple changement de matériel.
Quel gain de classe DPE attendre selon votre situation de départ ?
Le bénéfice dépend de votre point de départ. Remplacer une chaudière fioul dans une maison déjà isolée avec une PAC air/eau offre généralement un gain de 2 classes. À l'inverse, si votre chaudière gaz est récente ou si l'isolation est inexistante, le progrès sera plus modeste.
Les quatre profils de départ
Classe F ou G. Le potentiel de progression est immense, mais risqué sans isolation. Une PAC seule peut ne pas suffire à quitter le statut de passoire. Combiner la PAC avec l'isolation de la toiture permet souvent d'atteindre la classe E ou D.
Classe E. C'est le cas le plus fréquent. On peut raisonnablement viser un gain de 1 à 1,5 classe, rendant le passage en D ou C tout à fait possible selon le modèle de PAC choisi.
Classe D. Le gain est plus fin, souvent de 0,5 à 1 classe. L'objectif est ici de valoriser le bien en atteignant l'étiquette C, très recherchée sur le marché immobilier.
Classes A, B ou C. L'impact sur la classe finale est souvent faible, car le logement est déjà performant. L'intérêt se situe alors davantage sur les économies de fonctionnement et la réduction de l'empreinte carbone.
Tableau synthétique des gains réalistes
Pour une maison de 110 m² située dans le Nord, initialement chauffée au fioul (classe G), une rénovation incluant l'isolation des combles et une PAC air/eau performante peut permettre d'atteindre la classe E ou D. Chaque situation étant unique, l'avis d'un expert et un DPE officiel sont indispensables pour confirmer ces prévisions.
Aides financières et DPE : ce que votre étiquette conditionne
L'attribution des subventions MaPrimeRénov' évolue. Pour 2026, l'aide par geste reste disponible pour les PAC air/eau et la géothermie sans obligation de classe de départ, mais le montant dépendra de vos ressources. Le parcours accompagné, lui, exige un projet de rénovation globale permettant de gagner au moins deux classes DPE.
MaPrimeRénov' par geste
Ce volet aide au remplacement d'un ancien système de chauffage. Les forfaits sont attribués selon les revenus du foyer. Les ménages les plus modestes reçoivent les aides les plus importantes. Notez que la PAC air/air ne bénéficie généralement pas de ce dispositif pour le chauffage principal. Pour estimer vos aides, le simulateur officiel France Rénov' reste la référence.
MaPrimeRénov' Parcours accompagné
Pour bénéficier de ce financement plus avantageux, il faut :
- garantir un saut d'au moins 2 classes DPE,
- être suivi par un accompagnateur Rénov' agréé,
- réaliser au moins deux types de travaux (ex : PAC + isolation).
Les subventions peuvent alors atteindre 70 % du montant total pour les foyers aux revenus très modestes.
Les CEE, cumulables avec MaPrimeRénov'
Les Certificats d'Économies d'Énergie complètent le dispositif. Chez Géotherm Solaire, nous nous occupons de la gestion administrative de vos dossiers CEE et MaPrimeRénov' pour simplifier vos démarches.
La certification RGE : obligatoire
Il est impératif que votre installateur possède le label RGE (Reconnu Garant de l'Environnement) pour que vous puissiez toucher ces aides. Installé dans le Nord et le Pas-de-Calais depuis 2006, Géotherm Solaire est certifié RGE, ce qui assure à nos clients une expertise reconnue et l'éligibilité aux aides d'État.
Le DPE, un impératif pour les bailleurs
Les propriétaires bailleurs doivent anticiper. Atteindre au moins la classe E est indispensable avant 2028 pour continuer à louer légalement un logement classé F. La pompe à chaleur est souvent le moyen le plus direct pour sécuriser la mise en location de votre patrimoine.
Q : Faut-il absolument un artisan certifié RGE pour toucher les subventions ?
R : Oui, c'est une condition sine qua non. Que ce soit pour MaPrimeRénov' ou les primes CEE, l'installation de votre pompe à chaleur doit être réalisée par une entreprise RGE. Sans cela, aucun dossier d'aide ne sera accepté.
Conclusion
Une pompe à chaleur est un atout majeur pour améliorer le DPE de votre logement, à condition de bien choisir son équipement et d'anticiper les besoins d'isolation. Dans le Nord-Pas-de-Calais (zone H1), le choix d'un matériel performant est d'autant plus important pour garantir un gain de classe optimal malgré un climat plus frais.
Vous envisagez d'installer une PAC pour améliorer votre note énergétique ? Géotherm Solaire, installateur RGE présent depuis 2006 dans le Nord et le Pas-de-Calais, réalise un diagnostic de vos besoins et vous accompagne dans l'obtention de vos aides financières de A à Z. Contactez-nous dès aujourd'hui pour une étude thermique sans engagement.










